jeudi 12 avril 2012

De Fernandina Beach, FL à Charleston, SC

Dimanche 8 avril, départ au petit matin d'un groupe de bateau de Fernandina Beach. Peu de vent prévu pour la journée. C'est donc l'occasion d'aller en pleine mer faire un bon bout en ligne droite vers le nord ce qui est plus efficace que de suivre l'intracoastal qui zigzag parfois un peu trop à l'intérieur des terres.
En chemin, nombreux pêcheurs de crevettes sont à l'oeuvre. Je les évite de loin. J'ai encore en souvenir l'épisode du mois de novembre ou un de ceux-ci à manoeuvré de façon plutôt hostile, voir même dangereuse, dans l'intracoastal.

Lundi 9 avril, je poursuit à l'intérieur. La remontée vers le nord se fait beaucoup plus rapidement que lors de la descente à l'automne. Les journées sont plus longues, le temps de navigation aussi et je joue peu les touristes. Peu après l'heure du souper, un ancrage possible dans une rivière. J'y pénètre lentement et retrouve d'autre navigateurs bien blottis au fond de ce bassin bien abrité.
Mardi 10 avril, au matin, croiser la rivière Savannah, reconnue pour son courant intense de même que son trafic maritime. Au loin se profilent d'immenses bateaux, mais ils auront le temps de passer bien avant moi et me laisser la rivière libre de tout obstacle.
 La journée se poursuit au fil des rencontres, des ponts à ouvrir et de la beauté des paysages qui, même si je les ai déjà parcourus lors de la descente de l'automne, continuent de me plaire et me bercer.
Après l'ouverture d'un pont, un navigateur du Québec ayant reconnu mon accent francophone m'interpelle sur la radio VHF.  Nous sommes à peu de distance, on se promet de faire un bout de chemin ensemble. En fin de journée, j'opte pour Parrot River mais un banc de sable bloque son entrée. Mon nouveau compagnon de voyage m'invite à le rejoindre à Bull River.

Mercredi 11 avril, une autre journée à moteur. Le léger vent de nord des derniers jours ne permettent que peu de voile. Mais les réserves de carburant fondent. Ce serait miser juste que de tenter d'atteindre la destination du jour sans arrêter pour faire le plein. Je dois donc faire un petit détour. B&B seafood est le seul poste d'essence en vue. J'essaie de m'y aventurer... peine perdue... pas assez d'eau. Je saute donc dans le zodiac avec mes trois bidons et m'y précipite. B&B seafood est un tout petit poste de pêche. Je passe devant sans le voir. Je demande à deux pêcheurs travaillant sur un crevettier en lambeaux où il se trouve.... Ah.. juste derrière moi... mais il est fermé... merde !  En repassant devant, je vois un homme en train de faire le plein d'un camion.. je débarque... oui c'est fermé, mais il accepte quand même de me vendre du diésel !  Ouf...
Je reprend la route juste à temps pour me faufiler devant cette immense barge poussée par un remorqueur. Mais il est légèrement plus rapide que moi. Je le laisse me dépasser et poursuit ma journée dans son sillage.
Vers 18h30, nous nous ancrons en face de Charleston. La nuit seras venteuse.
Minuit... une rafale de vents... le bateau danse... un peu trop... je me lève et vérifie ma position à vue et sur le GPS... Merde... l'ancre chasse... ( glisse sur le fond marin ) c'est la première fois que cela arrive. Je me dirige lentement mais surement vers un autre voilier. Je m'habille en catastrophe. Je sort. L'anémomètre indique 25 noeuds de vents ( 50km/h). La rafale qui à fait chasser l'ancre devait au moins faire 35 noeuds ( 70km/h ). Le fort courant en face de Charleston n'a surement pas aidé lui non plus... Vite, partir le moteur, lever l'ancre et avancer pour la reposer un peu plus loin. Une demi-heure de veille me rassurera sur le sort du nouvel ancrage et je retrouverai le sommeil.
Jeudi 12 avril, journée de pause. La marina du coin ne permet pas aux navigateurs ancrés d'utiliser leurs douches. Je prendrai donc un quai pour cette journée afin de relaxer paisiblement à quai entouré de formules un de la mer.

vendredi 6 avril 2012

De Fort Pierce à Fernandina Beach

Le 2 avril, j'entreprends dans l'intracoastal le chemin du retour à la maison. Le paysage est familier. C'est via ce canal maritime intérieur bien protégé que j'ai navigué vers le sud de novembre au début janvier. Pour le retour, les passages en Atlantique seront plus fréquents lorsque la météo le permettra. Le pélerinage vers le nord se fera un peu plus rapidement que celui vers le sud étant donné l'absence d'escales touristiques.
Les nuits se passent à l'ancrage. Ça et là, des navigateurs de retour des Bahamas font leur apparition. En contournant St-Augustine, mon voisin de quai pendant une semaine à Freeport, originaire des Iles Vierges Américaines, fait son apparition. Certains retournant à la maison, d'autres transportant leur bateau vers un port où ils seront remisés pendant quelques mois en attendant un autre périple vers les iles aux eaux chaudes et magnifiques.
Le temps est beau, mais les matins sont parfois frisquets. Je suis encore en sandales, mais un chandail à manches longues est parfois nécessaire pour supporter la fraicheur matinale et ce brouillard que le soleil s'empressera de dissiper.

Revenir aux États-Unis, c'est avoir constamment continuellement à sa disposition via la radio VHF des prévisions météo complètes. Beaucoup plus rassurant pour les plans de navigation. Il y a aussi la présence d'aide à la navigation, bouées, feux, marqueurs qui rendent la navigation plus facile.
Naviguer en sol américain c'est aussi retrouver l'omniprésence de l'infrastructure militaire. Le son assourdissant des avions de combat en est le premier signe tangible.

Dans l'intracoastal, les forts courants marins, près des embouchures menant à l'Atlantique jouent avec la progression du bateau. Parfois en l'aidant ou parfois en lui opposant sa force et le ralentissant considérablement pendant plusieurs heures.

Juste avant d'arriver au croisement de la rivière St-John, ce ralentissement donne le temps aux paquebots et cargos de passer leur chemin ce qui me permet de traverser un plan d'eau libre de tout obstacle.

Après 5 jours de progression vers le nord, une pause à Fernandina Beach me permettra de prendre une bonne douche, faire du lavage et surtout laisser passer une météo assez venteuse de nord.

Ce soir, vendredi 6 avril, on annonce des vents de 30 noeuds. (60km/h) Déjà Expresseau danse fortement dans le bassin de mouillage et le fort courant de l'intracoastal soulève une belle vague. J'ai l'impression que le sommeil sera léger.

dimanche 1 avril 2012

De West End à Fort Pierce

La météo du samedi 31 mars s'annonce Idéale pour traverser le Gulf Stream.
4h30, réveil. 5h00, je largue les amarres. Au sortir du quai, le vent est au rendez-vous. Je hisse les voiles direction Fort Pierce.

7h00, j'entre dans le Gulf Stream, ce courant marin qui monte vers le nord à une vitesse de 3 noeuds. Immédiatement Expresseau prend son élan. La vitesse  grimpe au delà des 6 noeuds et taquine parfois le 8 noeuds.

Le vent de travers et une légère houle fera de cette traversée un grand moment de voile.
16h00 les premières formes des immeubles autour de Fort Pierce se profilent à l'horizon.
Un groupe de dauphins viennent me souhaiter la bienvenue. Ils sont une demi-douzaine à danser autour d'Expresseau et prennent un joli plaisir a se faufiler devant l'étrave du bateau.
17h30 je suis à 30mins de l'entrée du goulet. Je commence à avoir faim. Si tout va bien je serai ancré vers 18h30 et pourrai savourer cette superbe traversée.
Mais le vent tourne. Je met le moteur pour parcourir les deux derniers miles.
Le vent s'intensifie pour atteindre les 25 noeuds et la vague se forme de plus en plus elle aussi. Le bateau est constamment ralenti dans les creux de vagues qui arrivent de face et peine à maintenir une vitesse moyenne de 2.5 noeuds.
Cela prendra une heure et quart pour atteindre l'entrée du goulet où une autre surprise m'attend.
La marée est descendante à son plus fort. Un courant de 3 noeuds s'oppose à Expresseau dans le chenal j'avance donc encore à pas de tortue.

20h00 je jette finalement l'ancre. L'aventure des Bahamas est terminé. Il me reste encore la longue remontée vers la maison. Le bateau voisin est un bateau de Montréal. J'avais rencontré ce couple à Titusville au début décembre. Je sais via le blog de plusieurs navigateurs que certains ont déjà entamé la remontée vers le nord et que d'autres s'apprêtent à le faire. Au plaisir de se revoir dans l'intracoastal.

Dernière étape du jour, je contacte le service des douanes américains pour signaler mon entrée au pays de l'oncle Sam. Je devrai me présenter à leur bureau à l'aéroport de Fort Pierce dans les prochaines 24 heures.

Dimanche 1er avril. Lever frisquet à Fort Pierce. Décidément les Bahamas sont loin. Je prends une marina à Fort Pierce pour la journée et la nuit prochaine. Au programme : Douche, Journée ménage dans le bateau, lavage et douanes. Belle rencontre aux douanes, un couple du nord des États-Unis rencontré dans la Chesapeake. Décidément la remontée vers la maison promet.

vendredi 30 mars 2012

Des Bahamas a Obama...

Apres une superbe semaine avec Kim et Trevor, demain je quitte le pays des Bahamas pour le pays d'Obama !

mercredi 28 mars 2012

Grand Cay

Lundi 26 mars, direction Grand Cay. Passage serré sur la pointe de West End et ensuite à la voile vers ce superbe petit village de pêche. Nous passerons trois nuits à Rosie's place. Ici tout passe par Rosie. Il est propriétaire d'une marina, un restaurant, un hôtel, la poissonnerie et son équipe de pêcheurs, un magasin général, un magasin d'alcool... etc...  Ici tout passe par Rosie.
L'achat de poissons et fruits de mer auprès des pêcheurs fait partie intégrale du programme.

Au quai, le bateau de ravitaillement est arrivé. Il est plein à craquer et emporte de tout. De la nourriture aux moteurs de bateaux. Deux jours seront nécessaire pour le débarquement.


Une sortie en zodiac ves la plage est un incontournable dans cette Île.
Jeudi 29 mars, cap sur Mangroove Cay, en prenant bien soin de traverser Double Breasted Cay.
 Le souper du soir fera surement des jaloux.

Vendredi 30 mars, au matin à Mangroove Cay, une tortue d'environ deux pieds de diamètre pointe son nez. Juste assez longtemps pour la voir, mais pas assez pour la photographier. La plongée matinale nous laisse découvrir un dessous un peu sale d'Expresseau sans doute due en partie au temps passé à quai à Freeport avec un soleil de plomb.

Un petit nettoyage s'impose avent de reprendre la route vers West End, dernière escale d'Expresseau avant de retourner vers les États-Unis. Le séjour de Kim et Trévor aura été une superbe belle façon de terminer ce périple de deux mois et demi aux Bahamas. Plusieurs amis sont venus agrémenter ce voyage et ou les belles rencontres et découvertes se sont succédé au delà de toutes mes espérances sans l'ombre d'un incident ou d'une inquiétude.

dimanche 25 mars 2012

West End

Samedi 24 mars, avec l'arrivée de Trevor et Kim, départ pour une dernière aventure dans les Bahamas. Une première petite journée, direction West End. Beau passage sans problème, la seule anecdote en chemin en fut une de taille. En face du terminal pétrolier de Freeport, un superpétrolier s'avance tout doucement, tellement doucement qu'on le croit immobile.


En réalité il est en manoeuvre d'accostage , Il avance probablement à moins de 1 noeud et je fais 5 noeuds. Aucune difficulté à le devancer. À un moment donné j'ai l'impression qu'il doute de mes intentions. Il envoie 5 courts coups à l'aide de sa corne de brume. Cela signifie danger.  À ce moment il est de plus en plus près. Il me coupe même le vent. Un bon coup de moteur permettra de le devancer de façon très sécuritaire.

Je suis à West End avec Kim et trevor. On attenda une meilleure météo pour aller vers Grand Cay...demain peut-être.

L'escale se prolongera à West End en raison de la météo. West End est plein à craquer. Lors des passages précédents, seulement quelques bateaux y séjournaient.

Cette pause me donnera l'occasion d'initier Trevor à la plongée colorée des Bahamas.

Et la soirée se terminera sur le catamaran d'un couple d'australiens en compagnie d'un autre couple d'américains.

mercredi 21 mars 2012

Des petits travaux

En attendant l'arrivée d'un couple d'amis, avec qui je retournerai vers Grand Cay, un petit ménage et quelques travaux mécaniques s'imposent entre les rencontres à la marina, les baignades à la piscine et les ballades en vélo dans Freeport.
L'habituel changement d'huile sera suivi d'une petite séance de mécanique dans un endroit inaccessible. Le joint d'étanchéité de l'arbre de l'hélice coule un peu. Quelques contorsions dans le compartiment moteur et un quart de tour sur la bague de serrage et le tout est joué.
J'ajoute à cette séance de mécanique un changement des deux filtres diésel. Lors de mon retour de Bimini, le moteur a eu quelques ratés. Il semblait parfois mal prendre son diésel. De plus quelques cuillerées de carburant se sont retrouvés dans la cale ce qui n'est pas normal. Le coupable est facilement identifié. Le filtre primaire de diésel était légèrement dévissé, laissant à la fois entrer un peu d'air dans le système et également couler un peu de diésel.
Un bon coup de balai à l'intérieur du bateau et pour couronner le tout, une cannette de jus de tomate s'est déversée dans un compartiment rempli de boîtes de conserves... Que de plaisir...
 Et tant qu'à avoir les mains sales, pourquoi pas nettoyer le zodiac...